Aucun autre département breton ne dispose d'une antenne – vitrine à Paris.
En temps de crise limitons
nos dépenses de fonctionnement
Gérard BERTRAND
Conseiller général
du canton de Caulnes
Alors que notre pays affronte la crise financière la plus grave depuis des décennies, l'Etat ne peut-être le seul à limiter ses dépenses. Les départements, comme toutes les collectivités locales, doivent contribuer à l'effort national de redressement des finances publiques en gérant notamment avec plus de rigueur leurs dépenses de fonctionnement.
Sur ce point, la majorité départementale semble peu décidée à agir. A l'occasion de la session de novembre, elle a voté des crédits supplémentaires pour les frais de réception (+ 26 420 €), les frais de colloques (+ 28 189 €) et les voyages (+ 51 880 €).
Certes, ces montants sont à rapporter à la masse globale du budget départemental (709 Millions d'Euros) mais ils sont symboliques de certains choix de cette majorité.
Dans le même registre, le département des Côtes d'Armor possède une antenne -vitrine à Paris dite de "promotion économique". 22 ans après sa création, la majorité a décidé de mettre en place, à compter du 1er janvier 2012, une tarification pour les entreprises qui la fréquentent. Il est temps de s'apercevoir que d'occuper un appartement de 165 m2 dans les beaux quartiers parisiens coûte cher aux contribuables costarmoricains : 110 000 Euros de loyer par an (9 166 € par mois).
On nous dit que cette tarification doit permettre d'assurer l'équilibre financier de cette "antenne". On peut en douter. Dans le calcul, les frais de personnel basé à l'antenne ne sont pas pris en compte. De plus, la fréquentation de l'antenne "fléchit", nous dit-on, et "le nombre des personnes présentes aux réunions est en nette diminution".
On nous explique la baisse de fréquentation de l'antenne par les "restrictions budgétaires dans les frais de déplacement engagés par les acteurs économiques".
On ne blâmera pas les entreprises de faire des économies en période de crise et de gérer avec rigueur leurs dépenses. Le Conseil général des Côtes d'Armor devrait s'en inspirer et mettre en pratique cette rigueur de gestion dans bien des domaines.
A l'ère du numérique et du télétravail, notre département a-t-il besoin de continuer à offrir aux entreprises des locaux à Paris pour se réunir ?
Aucun autre département breton ne dispose d'une antenne – vitrine à Paris. Pourtant, cela n'empêche pas les chefs d'entreprise de ces départements d'aller à Paris pour y faire des affaires, échanger et travailler sans avoir besoin de se réunir dans des locaux départementaux loués avec l'argent public.
Notre département, il faut le savoir, est déjà copropriétaire de la Maison de la Bretagne à Paris avec les autres départements bretons et la Région Bretagne. Il est membre du Syndicat Mixte propriétaire et gestionnaire des locaux qu'elle occupe. La Maison de la Bretagne dispose d'un centre d'affaires qui permet déjà d'accueillir les entreprises bretonnes à Paris en leur offrant des bureaux, des salles de réunions et des services adaptés à leurs besoins.
Au lieu de se faire concurrence, l'antenne du Conseil général et la Maison de la Bretagne devraient plutôt mutualiser leurs moyens d'accueil des entreprises. Pourquoi devrions-nous financer en plus d'autres locaux pour accueillir des entreprises ?
Notre département a des difficultés financières et bénéfice du fond de soutien du gouvernement aux départements en difficulté. Peut-il continuer à financer une antenne vitrine dans les beaux quartiers parisiens ?
A l'heure où la majorité départementale cherche plusieurs Millions d'Euros pour boucler le budget 2012 du conseil général, il est temps de fusionner nos moyens avec l'ensemble des départements bretons pour faire de la Maison de la Bretagne la véritable structure d'accueil des entreprises bretonnes à Paris.