Remarque deplacée du président Le DRIAN suite au discours d' Hervé GUELOU en session plénière
"Je suis désolé de votre éffondrement et j'espère que vous aurez l'occasion de vous ressaisir et que vous passerez la journée !"
C'est en ces termes méprisants et d'un narquois que le président de la Région Bretagne Monsieur Le Drian à répondu à l'intervention de notre collègue Hervé GUELOU conseiller Régional et lui meme agriculteur, au sujet du dossier agricole , ceci est un manque de respect évident envers les agriculteurs et la situation terrible qu' ils vivent en ce moment, rappelons s'il en est besoin,qu' un nombre important d'exploitants se suicident depuis la crise.
Monsieur le Président, chers collègues
Nous sommes précisément dans ce que nous redoutions en décembre dernier et qui reprenait la conviction qu’en matière d’agriculture, vous n’avez pas du tout intégré la réalité que traverse l’agriculture bretonne profondément malmenée conjoncturellement et structurellement.
Ce décalage incompréhensible au moment où le défi existentiel d’avenir pour un bon nombre d’agriculteurs est posé, nous aurions dû retrouver dans ce budget des choix clairs et déterminés pour identifier la volonté de la première région agricole de France. Le soupoudrage et l’affichage des aides ne font pas une politique agricole forte, elles entretiennent l’illusion qui permet de donner bonne conscience.
Je sais la réalité du niveau global du budget, raison de plus pour rechercher l’efficacité. Mais je crois sincèrement que l’enjeu est aussi à un autre niveau, pas uniquement financier.
Votre position avec celle de votre Vice-président pourrait être majeure, avec celle de l’ensemble des Régions, des départements et des responsables agricoles et agroalimentaires représentant une véritable force crédible.
Cet effet de levier considérable pourrait être salutaire à bon nombre d’éleveurs qui, faute d’aides et de restructurations physiques et financières ne survivront pas à la crise qui s’abat sur eux, doublée par la volatilité des intrants. L’augmentation soudaine des aliments a, entre autres, miné les fruits des efforts réalisés sur la recherche de compétitivité dans un contexte historiquement bas des prix payés aux producteurs.
C’est maintenant qu’il faut être présent pour que l’agriculture soit durable demain.
Je vous le dit : avec les défis alimentaires mondiaux et les bioénergies, l’agriculture est une valeur d’avenir mais prise au piège d’un présent sans ambition et engluée dans des structures qui n’évoluent pas assez vite et ne réagissent pas assez vite.
Dès lors, il est nécessaire de reconnaitre en effet, la diversité de l’agriculture ; Je ne cesse de l’évoquer, mais attention, ne lâchons pas la proie pour l’ombre.
Les choix dynamiques de la Bretagne et des Bretons ont permis d’avoir une agriculture de production répondant aux normes exigées qui sont devenus sa force. L’agroalimentaire qui en est née, permettant de nourrir dix fois plus que sa population, est fragile.
L’emploi direct et induit est le socle de notre économie collective.
Que deviendrait ces emplois si demain l’agriculture n’était plus là pour fournir la matière première sans laquelle aucune plus value n’est possible.
C’est cela le vrai défi car cette agroalimentaire est délocalisable comme tout autre industrie. N’entend-on pas déjà évoquer des outils industriels en surnombre ?
Alors réagissons, et puisque la Région réclame plus de compétence, alors démontrez nous votre capacité à témoigner de votre volonté.
Vous avez su le faire dans le Pacte Electrique Breton, alors que l’énergie n’est pas une compétence obligatoire de la Région, raison de plus pour assumer notre engagement dans la première richesse régionale, partie intégrante de la compétence Développement économique.
Ce budget sans ambition n’a d’égal que le désarroi des agriculteurs ayant l’impression d’être mis sur la sellette et lâchés politiquement.
Des mesures agro environnementales orientées vers la lutte contre les algues vertes entrainent en réalité une baisse des crédits alloués à l’agriculture renforçant, qui plus est, la conviction du rôle prépondérant de la profession dans le développement de la masse algale.
Cette orientation sans stratégie, sans ambition est seulement à la remorque des autres collectivités : Etat et Europe.
Les mesures arrêtées pour l’après 2013 par les orientations Ciolos, qui feront évidemment l’objet de négociations et d’arbitrages, n’effaceront pas le manque de décisions locales définies.
Je suis sincèrement effondré de constater cet écart entre réalisme et affichage.
Ce budget ne permet aucune perspective sérieuse aux objectifs qui sont les nôtres.