Mariage homo. L’évêque de Saint-Brieuc donne son point de vue.

Publié le par Valérie GARCIA

Monseigneur Moutel. Ouest-France.
Monseigneur Moutel.© Ouest-France.

Réunis récemment, à Lourdes en assemblée plénière, les évêques de France ont clairement indiqué leur opposition au projet de loi qui, portant sur « le mariage pour tous », doit être présenté au Parlement au mois de janvier prochain. Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, s’explique. Témoignage.

« Les questions que posent les évêques sont aussi celles de beaucoup de nos concitoyens. Il ne s’agit pas de défendre une position particulière de l’Église catholique ou de l’ensemble des religions, mais de rappeler ce qui concerne tous les hommes, ce qui vient de la sagesse humaine, ce qui constitue des acquis majeurs de la conscience humaine et de la vie sociale depuis toujours.

• La mise entre parenthèses du sexe biologique met à mal l’heureuse différence homme/femme, qui structure la société, en soutenant la construction psychologique et l’identité sociale de chaque personne, dès sa petite enfance.

• La volonté d’honorer des désirs particuliers peut conduire le législateur à oublier l’intérêt général et tout particulièrement le droit de l’enfant à se construire en référence à celui (son père) et celle (sa mère) qui lui ont donné la vie.

• Quand c’est la disparition des parents ou leur impossibilité à élever leurs enfants qui empêche cette relation fondamentale, cette absence est compensée par l’engagement généreux de ceux qui les adoptent pleinement. Mais, suivant les mots de M. Gilles Bernheim, grand Rabbin de France, « l’adoption est là pour donner une famille à un enfant et non l’inverse. »

« Que pouvons-nous faire ? Que devons-nous faire ? »

« D’abord prier ; prier pour que nous gardions la conscience claire de ce que nous ne pouvons pas fabriquer, mais que nous sommes invités à accueillir de la nature de l’homme et, pour ceux qui sont croyants, de Dieu lui-même. Ensuite nous pouvons et nous devons continuer à nous informer, réfléchir, faire travailler notre intelligence et argumenter pour ce large débat que tant de citoyens appellent de leurs vœux. Nous pouvons aussi agir : « Que les catholiques de notre pays sachent que leurs évêques les encouragent à parler, à écrire, à agir, à se manifester… Ils ont le droit de témoigner de ce qui, dans la lumière de notre foi et selon la logique de la raison et du bon sens, leur semble essentiel pour le présent et pour l’avenir. »

 Ouest-France 

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