Législatives partielles : l'UMP en force, le PS sanctionné .

Publié le par Valérie GARCIA

Législatives partielles : l'UMP en force, le PS sanctionné

A l'issue du premier tour des trois élections législatives partielles qui se déroulaient dimanche, les candidats de la droite sont arrivés en tête, au détriment des socialistes. Le PS est même en passe de perdre un siège à l'Assemblée nationale. Par ailleurs, la frontiste France Jamet n'a, elle, pas réussi son pari d'atteindre le second tour à Béziers.

Elie Aboud Patrick Devedjian

Elie Aboud et Patrick Devdejian sont arrivés en tête du scrutin. (Maxppp)

Le premier tour de trois législatives partielles avait lieu dimanche. Trois tests pour le gouvernement mais aussi pour l'UMP, qui a ainsi pu mesurer l'impact électoral de la bataille Copé-Fillon. Malgré sa crise interne sans fin, le principal parti d'opposition peut se réjouir des résultats du scrutin, dont le second tour se déroulera dimanche prochain. Sur les trois circonscriptions, les candidats de droite (deux UMP, un UDI soutenu par l'UMP) sont arrivés en tête, souvent loin devant les socialistes au cours de scrutins marqués par une forte abstention. Autre enseignement majeur de cette journée électorale, le Front national n'a pas réussi son pari dans l'Hérault, où sa candidate, France Jamet, était pourtant bien implantée. Le détail de ce scrutin-test.

Le PS sur le point de perdre un siège

L'élection législative partielle qui se joue dans la 6e circonscription de l'Hérault était sous doute la plus indécise des trois scrutins de dimanche. L'issue du premier tour a fait apparaître deux grandes perdantes : la députée socialiste Dolorès Roqué, qui remet en jeu son siège, est arrivée seconde du scrutin (27,73% des voix exprimés) tandis que la frontiste France Jamet, qui rêvait de devenir la troisième députée FN à l'Assemblée, termine en troisième position (23,37%) et n'est pas qualifiée pour le second tour faute d'avoir obtenu 12,5% des inscrits. La candidate du FN croyait pourtant en ses chances, évoquant depuis deux semaines "un contexte tout à fait prometteur". Samedi, Marine Le Pen s'était même déclarée "convaincue que France Jamet (pouvait) arriver devant le candidat de l'UMP". En vain.

En haut du podium, le candidat de l'UMP, Elie Aboud, a obtenu une avance spectaculaire, avec 42,61% des suffrages, soit neuf points de plus qu'en juin dernier. Ancien député de la circonscription, il s'était fait éliminer par Dolorès Roqué lors du précédent scrutin. Aujourd'hui, il pourrait reprendre son siège. Interrogé par le JDD la semaine dernière, il redoutait pourtant les effets de la bataille pour la présidence de son parti. Celle-ci a sans doute eu un effet sur la participation, mais les électeurs de gauche ont aussi choisi de sanctionner la politique du gouvernement. Résultat : le scrutin a été marqué par un taux d'abstention de 58,46%, supérieur de près de 20 points à celui enregistré au premier tour en juin.

Devedjian frôle la réélection dès le premier tour

En juin dernier, dans la 13e circonscription des Hauts-de-Seine, dont fait partie Antony, la sous-préfecture du département, Patrick Devedjian ne l'avait emporté qu'avec 191 voix d'avance face à son challenger socialiste, Julien Landfried. A l'issue du premier tour de la législative partielle de dimanche, un nouveau duel entre les deux hommes aura lieu. Mais, contrairement au scrutin de juin dernier, Patrick Devedjian a largement dominé le premier tour de l'élection partielle, avec plus de 49% des voix selon des résultats partiels. L'élu UMP frôle ainsi la réélection dès le premier tour. Au contraire, son adversaire chevènementiste soutenu par le PS, Julien Landfried, enregistre 32% des suffrages, et n'a pas réussi à profiter de la défection du candidat écologiste.

La stratégie de Patrick Devedjian, qui n'a cessé de rappeler son action passée à la tête de la mairie d'Antony et son ancrage local, a donc fonctionné. Mardi dernier, ce soutien de François Fillon, membre du R-UMP, le groupe parlementaire dissident à l'Assemblée nationale, avait pourtant réuni, le temps d'un meeting, Christian Jacob (pro-Copé), Valérie Pécresse (pro-Fillon) et Jean-Christophe Fromantin, un membre de l'UDI. Le logo UMP ne figurait même pas sur ses affiches de campagne. Interrogé par BFMTV, dimanche soir, Patrick Devedjian a estimé que les résultats du premier tour étaient "une réaction contre la politique gouvernementale". Mais c'est oublier aussi un taux de participation peu élevé, de 37%. 

La gauche absente du second tour dans le Val-de-Marne

La principale surprise de la soirée est venue de la 1ere circonscription du Val-de-Marne. Henri Plagnol, candidat de la formation centriste l'UDI et soutenu par l'UMP, a pris l'avantage l'issue de ce premier tour en obtenant 26,2% des voix. Mais il est talonné par un dissident de l'UMP, Sylvain Berrios, qui a récolté 23,39% des suffrages. Le candidat du PS, Akli Melloul, a quant à lui été éliminé. Avec près de 20% des voix exprimées, il n'a pas recueilli les 12,5% de suffrages des inscrits nécessaires pour se qualifier. Là encore, l'abstention est très élevée : 70,6%.

Le second tour s'annonce ouvert entre les deux candidats de droite : Henri Plagnol, ex-secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat, a déploré un "duel fratricide" et appelé au rassemblement. Elu pour la première fois dans la circonscription en 1997, il l'avait nettement emporté en juin dernier face au socialiste, avec 57% de voix. Désormais, il devra affronter son adjoint à la mairie de Saint-Maur, proche de Jean-François Copé, qui pointe "l'exaspération" des électeurs face à "un député-maire fantôme".

 

G.V. - leJDD.fr


dimanche 09 décembre 2012

 

 

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