Hommage aux résistants du maquis de Coat Mallouen.

Publié le par valerie garcia

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Plésidy-Saint-Connan : le maquis de Coat-Mallouen (juillet 1944)


L’aventure au coin du bois 

Les premiers jeunes du pays de Guingamp viennent constituer le maquis de Plésidy (en fait situé sur la commune de Saint Connan, à Coat-Mallouen) le 4 juillet. Une véritable organisation militaire regroupant 240 hommes se met en place.


Dès 1943, Louis Piriou avait constitué un maquis au nord de Guingamp, en s’appuyant sur les jeunes de l’Union sportive de Plouisy : ce réseau FTP s’est notamment livré à des actions de sabotage, comme sur la ligne ferroviaire Guingamp-Paimpol. Un mois avant la Libération, Louis Piriou perd son frère, Pierre, fusillé avec un autre maquisard, Henri Cozannet, à Landébaëron.

Le maquis de Plésidy a une autre histoire. Avec des jeunes du Stade Charles-de-Blois et des scouts, Pierre Ziegler faisait partie du groupe Paul Bouédec, qui a rejoint le premier, le 4 juillet, le bois de Coat-Mallouen. "Au Stade Charles-de-Blois, nos moniteurs, des anciens de 1914-1918 n’avaient pas admis la défaite. On nous donnait le goût de la liberté. Nous étions animés d’un esprit de vengeance, on ne pouvait pas supporter l’oppression. Et puis il y avait ce piment d’aventure, mêlé à l’inconscience du danger : on ne voyait pas la mort au bout de tout ça."

Deux compagnies 

Venus de tout le pays de Guingamp, ces jeunes forment rapidement deux compagnies (240 hommes), placées sous le commandement du sergent-chef Robert, un parachutiste SAS lâché sur Duault, nommé sous-lieutenant par Londres pour constituer ce maquis. Des figures de la résistance guingampaise comme le radio-électricien Georges Le Cun (de l’Armée secrète) ou l’assureur Jean Dathanat sont au préalable entrées en contact avec les paras de Duault.

"En fait ce maquis existait sur le papier bien avant d’être créé, explique Pierre Ziegler. Tout avait été pensé. En arrivant au bois, nous avons perçu un pantalon et une chemise kaki. Nous dormions sous des tentes ou des toiles de parachutistes. C’était une organisation militaire. Tous les matins, on levait les couleurs, puis on s’entraînait au tir dans les caves du château. Les paras, Robert et Thonnerieux, nous apprenaient à tendre des embuscades. "

Attaque allemande à Coat-Mallouen

Des embuscades qu’ils allaient organiser au bord de la Nationale 12, au prix de longues marches nocturnes. Robert est aussi allé avec quelques gars faire sauter un dépôt de carburant à Saint-Brieuc. Le 27 juillet, un convoi de plusieurs camions allemands se présente au bois de Coat-Mallouen.

Les maquisards de garde derrière les talus mitraillent les soldats allemands entassés dans ces camions. « Ils devaient avoir des renseignements et nous cherchaient sans savoir précisément où on était. Ils ont subi de lourdes pertes. »

Peu à peu, les Allemands, plus aguerris, se déploient. Avant de se replier jusqu’à la forêt de Duault, les maquisards de Coat-Mallouen ont perdu, ce jour-là, treize des leurs. Des jeunes dont une stèle rappelle aujourd’hui les noms.

Source : Supplément Ouest-France "La Libération des CDN" 1994, p. 30.

Publié dans De vous à moi

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